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sens et de l’esthétique dans la

ville, là où il n’y en a pas ou plus.

Banksy rappelle que Steve Jobs

est le fils naturel d’un syrien sur

les murs de Calais en France.

Le maire, directeur

d'un atelier d'artiste

Le maire est un détecteur de

talent et rassembleur. Il nous dit

qu’être ensemble dégage une

énergie et une créativité. C’est

un patron d’atelier qui rappelle

aux citoyens qu’il est bon de

vivre et de travailler ensemble. La

start-up est l’atelier d’artiste de

notre temps.

Le maire est un artiste. Pour

rassembler et dynamiser, il déve-

loppe une vision, c’est-à-dire

une distance avec la réalité qui

permet une vue d’ensemble. Il

envisage un avenir qui n’est pas

encore. Cette vision est dyna-

mique et en interaction avec les

communautés.

Lemaire est un leader tisserand, sa

vision esthétique fédère et invite

les communautés à la construc-

tion du projet commun, ce projet

est fait d'images de métaphores

plus que de chiffres.

L'art est un facteur

de vivre ensemble

Lorsqu’on partage une œuvre

dans un même espace et un

même temps, on est alors dans la

communion entre les personnes.

Un partage d’une émotion, un

enthousiasme, au-delà des mots.

Internet favorise l’accès à l’art,

il permet des ouvertures, des

fécondations croisées, des métis-

sages impensables pratiquement

auparavant. Mais on est aussi la

plupart du temps seul face à son

écran, sans échanges. « L’individu

se retrouve face à un grand tout. »

Il est indispensable de faire dialo-

guer les choses pour qu’elles

existent, d’avoir des médiateurs,

des pédagogues, des éveilleurs,

surtout si c’est une culture diffé-

rente.

L’école doit être médiatrice pour

l’art car on manque de média-

teurs entre les individus et les

œuvres d’art.

L’art est aussi lié à la matière. On

ne crée plus avec la main, l’art

nous remet dans nos sens et est

un contrepoint salutaire d’un

univers devenu conceptuel et

mental.

Ville et Nature

Il est intéressant d’observer ce

rapport entre la ville et la nature,

on est passé de l’opposition ville/

campagne à des cités-jardins, au

retour de la nature en ville. Parmi

les 13 projets sélectionnés par

Anne Hidalgo pour réinventer

Paris, on constate souvent que

la nature est systématiquement

là. On ne peut être citadin sans

nature en ville, les parcs sont là

pour nous le rappeler. Les parcs

sont par excellence des lieux

démocratiques de rencontre.

La fête et le

besoin de rituel

Les fêtes dans les villes sont indis-

pensables. Il n’y a pas de lois qui

tiennent sans instances trans-

gressives.

On vit dans des sociétés déri-

tualisées et nous avons besoin

de réintroduire des rituels pour

structurer le temps, fédérer.

Un besoin existentiel

de s'exprimer

La ville est multiculturelle et le

maire doit reconnaître la capacité

des cultures à la construction

du projet de la ville, sinon elles

vont affirmer leur présence en

détruisant. On ne peut pas faire

vivre les communautés que si on

comprend, qu’elles ont chacune

quelque chose à apporter à la

communauté, à la création collec-

tive. Yvon Saint-Arnaud prêtre et

psychologue Québécois nous dit

que le besoin d’être auteur est

beaucoup plus profond que le

besoin d’être aimé.

Le street art crie ce besoin de

s’exprimer. Il fait apparaître du

La fête du Burning Man reconstitue une ville en plein désert américain pour trans-

gresser les codes, se défouler et brûler un géant de bois dans un rite archaïque.

Banksy rappelle que Steve Jobs est le fils naturel d'un syrien sur les murs de

Calais.

Roger II de Sicile arrive de Normandie, en 1130 à Palerme. Il comprend

l’importance de la participation de toutes les cultures à un projet commun et

crée une chapelle palatine décorée par toutes les cultures.

Claude Monet,

La gare Saint-Lazare,

1877

Regards

décalés

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Cahier de réflexion

des maires francophones

Paris -

France